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Section Infos LinkedIn : des exemples pour dix-sept métiers

Dix-neuf sections Infos inventées, une par métier ou situation, chacune avec la décision d’écriture qu’elle illustre. Plus les deux cas difficiles : la reconversion et le premier emploi.

Une section Infos utile répond à trois choses : ce que vous faites aujourd’hui, dans quel contexte, et un détail concret que l’intitulé de poste ne dit pas déjà. Tout le reste est facultatif.

Les dix-neuf exemples ci-dessous — dix-sept métiers et deux situations — sont inventés, personnes et entreprises comprises. Ce ne sont pas des modèles à copier : chacun illustre une décision d’écriture, nommée en dessous. La décision est la partie réutilisable ; les phrases, non.

Une précision avant de commencer. Seules les premières lignes de la section s’affichent avant que le lecteur ait à la déplier, donc la phrase qui distingue votre travail doit être en haut. Beaucoup de sections Infos gardent leur meilleur détail pour le dernier paragraphe, là où il n’est pas lu.

Technique et données

Développeur backend

Je développe des backends en Go et PostgreSQL pour une plateforme de paiements récurrents. Je travaille surtout sur le rapprochement : comprendre pourquoi un prélèvement et un relevé bancaire ne concordent pas. Avant, trois ans sur des API logistiques.

La décision : nomme le domaine, pas seulement la stack. « Passionné de technologie » convient à tout le monde, « rapprochement des paiements » non.

Analyste de données

Analyste de données dans une chaîne de magasins physiques. Je construis en SQL et Python les rapports que l’équipe achats utilise pour décider des réassorts, et je passe une bonne part du temps à expliquer ces chiffres à des gens qui ne travaillent pas avec les données.

La décision : dit qui consomme l’analyse. Une analyse que personne n’utilise et une analyse qui pilote les achats sont deux métiers différents.

Chef de produit

Chef de produit sur un outil de facturation pour cabinets et professions libérales. Mes utilisateurs sont des experts-comptables et des secrétariats, donc l’essentiel du travail consiste à comprendre des procédures antérieures au logiciel.

La décision : nomme les utilisateurs. « Chef de produit » couvre des métiers trop différents pour que l’intitulé suffise.

Designer UX

Je travaille sur des interfaces de logiciels de gestion : des flux de saisie utilisés des heures chaque jour, où un clic en moins se remarque. Portfolio avec trois cas complets, y compris celui qui n’a pas marché.

La décision : renvoie au portfolio plutôt que de se décrire. Pour qui conçoit, le travail montré pèse plus que n’importe quel adjectif.

Graphiste

Design éditorial et packaging. Je travaille plus sur papier qu’à l’écran : mise en page de catalogues, étiquettes, supports de salon. Je prépare les fichiers d’impression et je suis les épreuves couleur.

La décision : restreint le support. « Design » tout seul ne dit pas si vous savez gérer une quadrichromie.

Commercial, marketing et clients

Marketing digital

Je gère le SEO et la newsletter d’un e-commerce d’articles de sport. Je ne m’occupe pas de la publicité payante : c’est une agence externe, et je préfère le dire plutôt que de laisser croire que le canal est le mien.

La décision : déclare ce que la personne ne fait pas. C’est la phrase la plus rare dans une section Infos, et celle qui rend le reste crédible.

Vente B2B

Je vends des logiciels de maintenance prédictive à des industriels, des cycles de six à douze mois avec plusieurs interlocuteurs techniques. Je couvre un portefeuille d’une quarantaine de comptes.

La décision : décrit le type d’affaire. Vendre un cycle long et un cycle court sont deux métiers, et « orienté résultats » ne distingue ni l’un ni l’autre.

Customer success

Je suis l’onboarding et les renouvellements pour les clients mid-market d’un outil cloud. Une trentaine de comptes, presque tous des cabinets d’architecture et d’ingénierie.

La décision : donne l’échelle avec un chiffre vérifiable, plus le secteur des clients.

Support technique

Deuxième niveau sur un logiciel de caisse pour la restauration. Je prends les cas que le premier niveau ne clôture pas : intégrations avec les caisses, synchronisations qui se bloquent, mises à jour qui changent un comportement.

La décision : précise le niveau. « Support client » ne dit pas si vous répondez au téléphone ou si vous déboguez une intégration.

Finance, droit et ressources humaines

Expert-comptable

Je prépare les comptes annuels et les déclarations fiscales de PME, avec une part de conseil sur la forme juridique et les opérations de restructuration. Dix ans en cabinet, dont les quatre dernières avec mon propre portefeuille.

La décision : nomme le type de client et le travail réglementaire. Dans ce métier, le périmètre est l’information.

Avocat

Droit du travail, côté employeur : contentieux, procédures disciplinaires, réorganisations. Clients majoritairement industriels, au-delà de cent salariés.

La décision : dit aussi de quel côté du contentieux. C’est le détail qu’un recruteur ou un client cherche en premier.

Ressources humaines

Je fais du recrutement technique : je conçois les processus d’embauche et je mène les entretiens pour les postes de développement et de données. Je ne gère ni l’administration du personnel ni la paie.

La décision : sépare les deux moitiés du domaine. « RH » couvre des métiers qui ne se ressemblent pas du tout.

Chef de projet

Gestion de projet en installations industrielles : je pilote des chantiers de systèmes d’aspiration, du relevé à la réception, avec des équipes de pose externes et les techniciens du client.

La décision : déclare le secteur. La gestion de projet dans le bâtiment, dans le logiciel et dans l’événementiel ne partage que le nom.

Enseignement, santé, ingénierie

Enseignante

J’enseigne les mathématiques au collège, quatrième et troisième. Je m’occupe aussi du soutien de l’après-midi et, depuis deux ans, je coordonne le dispositif d’accompagnement en maths de l’établissement.

La décision : ajoute la tranche d’âge et le rôle supplémentaire. Enseigner au collège et à l’université sont deux métiers distincts.

Infirmier

Infirmier en réanimation de chirurgie cardiaque, en trois-huit. J’encadre aussi les nouveaux arrivants dans le service.

La décision : nomme le service. La spécialité est l’information ; « santé » n’est pas un profil.

Ingénieur civil

Conception structurelle de bâtiments résidentiels en béton armé, avec une part de vérifications sismiques sur l’existant. Je mène les projets jusqu’au permis, pas jusqu’à la direction de travaux.

La décision : indique la phase du travail. Concevoir et diriger un chantier sont des compétences différentes, et les confondre coûte un entretien.

Logistique et opérations

Je dirige l’entrepôt central d’un distributeur de pièces automobiles : environ douze mille références, vingt personnes sur deux équipes. Stocks, temps de préparation et relations avec les transporteurs.

La décision : utilise des chiffres qui donnent l’échelle sans affirmer un résultat. La taille de l’entrepôt est un fait ; « j’ai optimisé les processus » non.

Les deux cas difficiles

Ce sont ceux que la plupart des recueils d’exemples évitent, parce que ce sont les seuls où la tentation d’écrire quelque chose de faux est réelle.

Reconversion

Douze ans en restauration, les cinq dernières comme responsable de salle dans un restaurant de 90 couverts. Depuis janvier, j’apprends le développement web : j’ai terminé un programme de neuf mois sur JavaScript et React et publié trois projets personnels. Je cherche un premier poste de développeur frontend junior.

La décision : ne feint pas une carrière qui n’existe pas, et ne s’excuse pas de celle qui existe. Le métier précédent est présenté comme l’expérience réelle qu’il a été, le nouveau comme un parcours avec un niveau précis : junior. Écrire « développeur frontend » sans « junior » et sans le contexte ferait échouer le premier entretien technique, pas le gagner.

Premier emploi

Diplômée en statistiques depuis octobre. Mon mémoire portait sur des modèles de prévision de la demande pour les transports publics locaux, à partir de données réelles d’un opérateur municipal. R et SQL sont solides, Python moins. Je cherche un poste de data analyste junior.

La décision : utilise le mémoire comme le travail vérifiable qu’il est, et gradue les outils au lieu de les aligner au même niveau. « Python moins » est une phrase qui fait gagner en crédibilité, pas en perdre.

Avant de publier la vôtre

Écrivez votre version, puis relisez-la en cherchant trois choses précises.

Une affirmation que vous ne pourriez pas documenter. Un chiffre que personne n’a mesuré, un résultat d’équipe écrit comme le vôtre, un outil utilisé une fois aligné avec ceux que vous utilisez tous les jours. S’il y en a une, supprimez l’affirmation — ne l’atténuez pas.

Une phrase qui conviendrait à n’importe qui. « Orienté résultats », « bon en résolution de problèmes », « passionné d’innovation » : si la phrase reste vraie en remplaçant votre métier par n’importe quel autre, elle ne dit rien. Remplacez-la par le travail qu’il y a dessous.

Le bon détail à la fin. Si la chose la plus spécifique que vous avez écrite se trouve dans le dernier paragraphe, remontez-la : c’est la partie qu’on voit sans déplier le texte.

Si vous devez aussi tirer une accroche de CV de cette section, ne la recopiez pas : les deux ont des publics différents, et le passage des Infos à l’accroche demande de sélectionner. La même chose vaut pour le reste du profil, où certaines lignes se gardent, d’autres se réécrivent et d’autres disparaissent.

Si vous utilisez un outil pour nettoyer le texte, la règle ne change pas : vérifiez les modifications proposées avant de les appliquer, car une affirmation non étayée peut apparaître dans une accroche réécrite aussi facilement que dans une compétence suggérée.

Questions fréquentes

Que faut-il écrire dans la section Infos de LinkedIn ?
Ce que vous faites aujourd’hui, dans quel contexte, et un détail concret qui distingue votre travail de celui de n’importe qui portant le même intitulé : le type de produit, le secteur des clients, la taille des projets. Deux ou trois phrases suffisent. La partie inutile est celle avec les adjectifs sur vous-même.
La section Infos, c’est la même chose que l’accroche du CV ?
Non, parce que le public change. La section Infos reste sur le profil et s’adresse à tous ceux qui passent : recruteurs, clients, collègues, anciens camarades de promo. L’accroche du CV vise une candidature précise et dispose de moins de place, donc elle sélectionne. Le même texte fonctionne rarement bien aux deux endroits.
Quelle longueur faut-il viser ?
La limite pratique n’est pas un nombre de caractères mais ce que vous avez réellement à dire. Ce qui compte davantage, c’est l’endroit où le texte est coupé : seules les premières lignes s’affichent avant que le lecteur ait à déplier, donc la phrase spécifique va au début et non en conclusion.